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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:14

Dans le quartier de Bejaouira ou j’habite il se passe des choses……

Il y a, ici, deux catégories d’habitants,

Il y a eux il y a nous !

Dans ce texte, j’appelle les « Zeu » eux et les « Nou », nous !

« Les Zeu » , allusion faite à l’omelette, la casse, la brouille, le mélange des genres, la forme et le fond tordus, etc… et « Les Nou », (en poste à Bejaouira bien avant le 7ème siècle après JC), synonymes de mollesse, d’acceptation de tout, de cette bonté qui mène à sa perte, de résignation, de laisser faire, d’assimilation etc...

Eux et Nous avons eu pratiquement le même parcours de vie et sommes à peu près passés par les mêmes événements qui ont forgé l’histoire récente de ce pays qui nous voit vivre ensemble contre notre gré !

Pourtant faisant personnellement partie des « Nou » je me sens foncièrement différent des « Zeu » depuis que, entrant sur invitation justement d’un Zeu chez lui j’ai vu de mes propres yeux des briques manquantes à mon mur de clôture bâties là sur un mur de séparation à l’intérieur de sa propre maison à lui. C’est vraiment incroyable, ce monsieur mon voisin veut bâtir sa maison en détruisant progressivement la mienne et tout en me traitant par la parole mielleuse comme son meilleur voisin.

J’ai bel et bien reconnu mes briques car faites d’un genre de matériau léger, volcanique et blanc qu’on ne trouve pas aisément dans le commerce. Mon voisin de Zeu n’a pas eu le temps de procéder à un crépissage pour cacher mes briques et a complètement oublié que je pouvais les reconnaître en me faisant passer devant le mur de chez lui.

Je suis resté un bon moment abasourdi et figé devant le « spectacle ».Je me suis abstenu de tout commentaire mais ce jour-là mon opinion au sujet des Zeu était forgée.

Dans la cité, eux mangent dehors, à même le trottoir ou sur les pelouses que la mairie à eu du mal à planter et entretenir pour finalement les délaisser, de guerre lasse, après la destruction, l’anéantissement même du gazon par les va et vient incessants aussi bien des humains que des animaux irrespectueux de cette verdure.

Le soir venu donc, les Zeu se mettent bien à l’aise dans leurs habits larges et bien aérés (djellabas) et sortent prendre place sur les trottoirs en s’asseyant dans des positions incroyablement détendues, au vu et au su de tout le monde sans se gêner aucunement et bonjour les discussions, les rires à déranger gaiement les voisins Nou.

Un «Zeu» des ces bonnes gens a pris comme habitude de venir, lui, s’asseoir juste en dessous de la fenêtre d’un « Nou » pour se détendre chaque fin d’après midi et reste là parfois jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le « Nou » ne s’étant pas senti gêné par la présence devant sa fenêtre du « Zeu » laissa faire et ne dit mot. Il demanda même à sa femme et à ses enfants de ne pas aller crier devant la fenêtre pour ne pas déranger le nouveau venu. Un jour ce nouveau venu, se sentant bien seul ramena un poste transistor qu’il prit l’habitude de placer sur le rebord de la fenêtre et l’allumer à fond pour savourer la musique « rai » qu’il aime par-dessus tout. Le lendemain d’autres « Zeu » se joignirent au premier et pendant ainsi plusieurs fins d’après-midi se constitua une joyeuse bande qui fit entendre ses sarcasmes, ses blagues douteuses et beaucoup de musique rai « à fond la caisse » juste au bord de la fenêtre de notre « Nou ».

Au bout d’une semaine, le « Nou » propriétaire de l’appartement, vraiment excédé, prit alors son courage à deux mains et sortit en plein vacarme devant chez lui pour s’expliquer avec les dérangeurs festifs et inconvenants.

-Excusez-moi de vous déranger, messieurs, je voulais juste vous dire que derrière cette fenêtre, il y a tout un salon qui peut vous contenir, ne pensez-vous pas que ce serait beaucoup plus confortable à l’intérieur ? Ma femme vous servira bien quelques friandises, du café....

Les « Zeu » comprirent bien l’allusion et l’homme qui s’occupait du poste radio se fit un devoir de diminuer le son et répondit :

-Vous pensez- que nous vous dérangeons, monsieur ?

Il existe vraiment des différences entre un Zeu et un Nou. Un Zeu viendra à ta table sans invitation, manger sa part et sournoisement, tout en rigolant, la tienne, te laissant à jeun ou mourant de faim et aura le culot de te traiter de son meilleur ami avec la prouesse de cacher son hypocrisie!

Les Nou aiment leur petit chez-eux et leurs petites habitudes familiales

Un Nou n’ira jamais se tenir devant la porte ou la fenêtre de quelqu’un sans raison et n’acceptera jamais de gêner son voisin par n’importe quel procédé que ce soit mais le problème est que même s’il sait que c’est lui qui est sur le bon comportement, il doutera quand même de lui-même et se dira « peut-être bien que les Zeu ont raison et qu’après tout, leur démarche est correcte ? » Cette manière de voir les choses des « Nou » les conduira à leur perte d’autant plus que les « Zeu » se mettent à procréer dans un élan démoniaque de démographie galopante alors que les « Nou » pensent que la politique de réduction des naissances est la mieux appropriée.

Les « Zeu » éduquent leurs enfants de manière bien singulière et pour tout résumer, lorsqu’un enfant rapporte à la maison le produit d’un vol qu’il aura commis sans être pris la main dans le sac, ses parents sont fiers de lui et lui disent en forme de compliment : « Bandit, petit escroc, toi, tu réussiras dans la vie, ton avenir est assuré ! »

Si un voleur « Zeu » est pris, toute la famille prend son bâton de pèlerin et va le disculper et le défendre bec et ongles. On criera sur tous les toits à l’injustice, on prendra les meilleurs avocats et on dira à qui veut entendre la fierté de défendre un « innocent », toute honte bue.

Ce qui n’est pas le cas chez les Nou car ici lorsqu’il s’avère qu’un membre de la communauté est juste un peu « hors normes », qui sort un peu des sentiers battus, qui ne respecte pas les règles de bienséance, on a honte de lui, on le déshonore, on le calomnie, il est de suite montré du doigt et remis sur la bonne voie même si on devait utiliser la manière forte quitte à l’excommunier.

Je suis passé, l’autre jour devant une école à majorité d’enfants de Zeu, et j’ai assisté à l’impensable : une nuée d’enfants ayant rempli au préalable leurs cartables de pierres s’est attaqué à la sortie de classe à leur pauvre enseignante. La jeune femme le visage en sang car atteinte d’un projectile n’a trouvé son salut qu’en fuyant vers l’intérieur de l’école.

Lors des fêtes de mariage ou autres occasions festives, les Nou sont plutôt réservés, mesurés et leurs actions se font avec modestie. Ils invitent par exemple juste le nombre qu’il faut de convives et font des fêtes en général intimes, familiales.

Chez les Zeu, par contre c’est l’exhibitionnisme et la course au démesuré, au disproportionné et au mauvais comportement sans limite. « C’est la fête, tout est permis » vous dira-t-on !

L’autre fois, je roulais en voiture sur une route bien fréquentée et à ce moment-là de la journée la circulation était encore bien dense. Arrivé à un endroit caractérisé par une pente très prononcée, la file de voitures devant s’est arrêtée et je fis de même. Je pensais qu’il s’agissait peut-être d’un contrôle routier quelconque ou même d’un accident et cela pouvait très bien bloquer la circulation. Il n’en était finalement rien ! Il s’agissait d’un cortège de mariée et les convives descendus de leurs voitures ont pris toute la largeur de la route pour faire une procession avec la mariée en dansant derrière une troupe de musiciens à la cornemuse. Les chauffeurs de la grande file de voitures commençaient à s’impatienter et d’aucuns écumaient de rage. Il a fallu attendre que la mariée arrive enfin chez elle, quatre cent mètres plus loin, pour que la route se désengorge et que je passe avec ma voiture qui commençait à chauffer dans la montée et sous la chaleur suffocante de la mi-journée.

Voilà l’esprit des Zeu qui consiste en un égoïsme caractérisé, qui consiste à faire passer ses propres lubies quitte à gêner le monde entier.

Mon quartier est de plus en plus caractérisé par la délinquance des « Zeu », les agressions, les vols, la prolifération des drogues etc….

La multiplication des véhicules et de motos n’est pas faite pour arranger les choses, les règles les plus élémentaires du code de conduite sont carrément bafouées. Les pauvres qui demandent l’aumône se font de plus en plus nombreux et s’organisent maintenant pour faire ce « métier » en famille.

Les « Zeu » sont devenus riches car ayant pris les clefs du pouvoir sur la ville, ils ont maintenant la vie facile et ont pris le dessus sur les Nou qui essaient de se cacher le plus possible pour subir le moins possible

Ici, Bejaouira, beaucoup de « Zeu » veulent maintenant rejoindre le paradis des banlieues françaises ou le Québec ou l’Angleterre ou l’Australie par bateaux entiers, en voulez-vous ?

ABDELMADJID ADOUR

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