Mercredi 17 juin 2009



TENIR PAROLE 2


Mouhand habite Bejouira. Il est retraité des chemins de fer et vit de  bien beaux jours, bien tranquille et serein parmi  les siens.
Mouhand est du type correct, il est honnête et bienséant. Il ne triche jamais. Il n’aime pas avoir avoir affaire à tous ces fourbes, hypocrites et imposteurs de ces derniers temps qui considèrent  que la fin justifie les moyens quitte par exemple à en arriver à ne pas respecter sa propre parole, à truquer facilement, à berner jusqu’à ses proches et ses amis, à suborner, à tromper et à s’en vanter, à s’en glorifier .
Mouhand a horreur de ces maquilleurs, ces mystificateurs qui sont monnaie courante et qui n’éprouvent aucun remords à faire du mal ! Il combat ces gens ne serait-ce que par son opposition, toujours discernable en lui, à leur conduite.


Il a une belle voiture, une Renault 19 de seulement dix ans d’âge. Il a peiné pour avoir cette voiture mais il l’a bel et bien eue et il en est bien jaloux. Il l’astique et la chouchoute et ne l’utilise qu’à bon escient. Une mouche n’a pas intérêt à se poser et souiller la belle peinture « de Rijine » (d’origine) du véhicule !! Qu’on se le dise !

Avant de revenir au bled  et d’occuper son poste aux chemins de fer, il a un peu bourlingué en France et a travaillé dans une brasserie sans jamais boire la moindre chope de bière.

Lorsque Ouali son proche cousin émigré qui habite en famille à Oubane (Aubagne) du coté de Marseille revient passer son mois de « facances » au bled c’est avec cette belle voiture qu’il va lui rendre visite au village d’à coté. Elle est bien utile cette voiture !

Mouhand, bien sûr,  trouve un intérêt certain à rendre visite à son cousin lorsque ce dernier arrive de France : il ramène des fringues de chez Tati à tous les membres de la famille, petits et grands et la  distribution donne toujours lieu à une grande cérémonie conviviale.

Mouhand a vécu la guerre de libération alors qu’il se trouvait en France, ce pays dit-il, colonisateur, usurpateur, ce pays qui a profité des richesses de son pays pendant 132 ans et ce pays qui a tué sa langue et sa culture kabyle en favorisant l'implantation d'autre langue et autre culture. Cependant,  pour les fringues et les friandises que son cousin ramène de "là-bas"  il arrive à oublier son antipathie envers ce pays.
En ce sens, un proverbe kabyle dit à peu près ceci : « mon oncle m’est répulsif mais son habit est parfumé d’ambre ».

Son voisin, Si Ahmed lui est tout aussi proche car il est son autre cousin et lorsque l’émigré Ouali est pressenti pour le retour au bled Si Ahmed aussi se prépare à la grande visite dans le but évident de recevoir en cadeau des fringues que lui et sa famille mettront durant toute l’année à venir. Pour Si Ahmed, à l'inverse de son cousin, c'est ouovertement : merci madame la France!!


Cependant comme Mouhand est le propriétaire de « La Voiture », c’est lui qui fixe le jour de départ  pour la visite commune aux deux familles. C’est ainsi depuis que la  voiture est là et tout le monde y trouve son compte.

Cette année, Mouhand après avoir eu vent de l’arrivée d’Ouali et de sa famille



fixa au lendemain le jour et l'heure precise de la visite et le fit savoir à Si Ahmed qu’il a rencontré par hasard.
Au moment de partir pourtant, point de Si Ahmed au rendez-vous !

C’est le drame pour Mouhand : il a été doublé par son cousin Si Ahmed qui s’est rendu rapidement à la fameuse visite, tout seul, par ses propres moyens sans souffler mot à qui que ce soit.

Mouhand a ainsi bien compris que Si Ahmed, devenu malicieux et sournois subitement, s’est précipité de la sorte pour pouvoir prendre en premier les meilleures fringues et ainsi laisser le deuxième choix au dernier arrivé.


Et comme Mouhand n’aime pas les imposteurs il jura que ça allait barder.
ADOUR ABDELMADJID

 

Par Adour Abdelmadjid - Communauté : petites histoires de vie
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Vendredi 12 juin 2009

Tenir parole !


En Kabylie un adage dit : « Si l’animal s’enlace par le cou, l’être humain l’est par sa langue ». L’homme doit respecter ses promesses et se doit  d’honorer  ses engagements en toutes circonstances ou alors ne doit pas s’engager.


Arezki  L’Aurès  est un  officier de l’ALN en Kabylie  durant la guerre d’indépendance, une statue lui a été érigée près de la rivière Amassine et on lui prête cette anecdote :


Un rendez-vous important doit réunir les cadres militaires dispersés avec leurs compagnies dans la région et Arezki l’Aurès entreprend de rejoindre avec son groupe à la faveur de la tombée de la nuit l’endroit prévu pour la réunion. Il devait traverser une rivière « l’Amassine » et monter tout droit vers les montagnes.
Cependant, ses éclaireurs lui signalent la présence d’une importante colonie de soldats français qui ont choisi justement de stationner près de la rivière pour y faire une halte. Il réfléchit vite : il peut  très bien  contourner le convoi militaire et là un problème de taille se dessinait, il craint de ne pas être à l’heure au rendez-vous car le chemin est beaucoup plus long et il risque alors d’être taxé de fourbe, de faux-frère, de judas.   

La solution pour lui n’est donc ni plus ni moins que de tenter de forcer le passage sachant qu’il pouvait compter sur l’effet de surprise et la fatigue des militaires du convoi français.

...........
C’est ce qu’il fit !

...........
Son groupe, pourtant, fut accroché par un feu nourri au moment où il traversa la rivière. Résultat : quelques blessés parmi les siens mais son groupe s’en tira quand même à bon compte !  

Attablé autour d’un couscous, avant l’exposition des points de l’ordre du jour de la réunion, Arezki l’Aurès raconta son accrochage.

L’assemblée étonnée par la décision prise de risquer sa vie et celle de ses compagnons d’armes lui reprocha de ne pas avoir tout simplement contourné le danger…

Il répondit avec fermeté :
"Nous nous devions d’être au rendez-vous !"

………



Tout près de nous, Fadéla accorda un rendez-vous à un autre Arezki, pas un foudre de guerre celui-là. Le rendez-vous devait se tenir devant une pâtisserie-confiserie de V’gayeth, Bejaia, et voilà notre Arezki qui se tint devant l’entrée du local commercial, bien en vue, au milieu de la vitrine dans le but évident de se faire tout de suite repérer par Fadéla.


Un quart d'heure est déjà passé depuis qu’il est là à attendre sa dulcinée et pas encore de Fadéla.

Il entra dans le magasin et prit, façon de tuer le temps, une part de pizza au fromage et un jus d’orange bien frais car il commençait à faire chaud déjà ce matin-là.
La chaleur naturelle et celle provoquée par l’importance du rendez-vous faisaient monter la tension artérielle et même autre chose chez notre bonhomme.

Le cerveau d’Arezki était submergé par l’extase provoquée par le projet d’accomplir tant de belles choses avec Fadéla.  C’est le bien–être, l’euphorie, la félicité et l’ivresse !

Un autre quart d’heure passa et toujours pas de Fadéla !
Arezki essaya de l’appeler vers son portable et là  on lui expliqua que le portable en question était éteint !
Il entra dans la pâtisserie-confiserie et prit une autre pizza aux olives cette fois ! Il ressortit et scruta les alentours : toujours pas de Fadéla.
Angoisse, inquiétude, anxiété, remise en cause, château de cartes !


Deux heures après, inexplicablement Fadéla n’est pas venue!
Arezki aura consommé nerveusement au moins une trentaine de pizzas, mille-feuilles et autres jus de fruits !

 

Par Adour Abdelmadjid - Communauté : petites histoires de vie
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Mardi 9 juin 2009
Je pleure de voir ma Kabylie outragée chaque jour sous l’œil résigné des siens !
Ma Kabylie est magique comme le sont ses grenades, ses figues, ses oliviers, assisnu, tizwal, l’eau qui gazouille dans les ruisseaux à chaque coin de cette verte contrée. Les Kabyles eux mêmes sont « magiques » par leur humilité, leur authenticité et leur générosité dans l’effort, leur parler simple donc direct (la langue kabyle ne contenant pas ou peu par exemple de mots grossiers, lorsque quelqu’un est tenté d’insulter quelqu’un d’autre il est obligé d’utiliser une langue qui s’y prête beaucoup mieux ), leur intelligence, leur humanité, leur beauté, leur art d’exister sereinement et de respirer. Les kabyles ont de qui tenir, il n’y a qu’à consulter cette liste des figures historiques berbères d’avant la colonisation arabo-islamique :
1/ Antique Egypte
le pharaon Sheshonq 1er (945 avant JC) pharaons des 22ème et 23ème Dynastie 715 avant JC et 818 avant JC
2/ Rois de Numidie et Maurétanie 
Naravas qui combattit aux cotés de Hamilcar Barca, avec Syphax dont la capitale fut Siga (actuelle Ain Temouchent), Gaia, père de Massinissa (238-148 avant JC), Micipsa, Jugurtha, Adherbal (118-112 avant JC), Takfarinas etc.…
3/ Empereurs et gouverneurs
Septime Sévère (193 à 211), Caracalla (211 à 217), Macrin (217 à 218) Clodius Albinius gouverneur de la Gaule Belgique puis de Britania (actuelle grande Bretagne) Tin Hinnan, reine ancestrale des Touaregs (4ème ou 5ème siècle)
4/ Grands Chrétiens berbères
Saint Vincent de Digne, Victor 1er Pape de 189 à199, Miltiade, 32ème pape et Evêque de Rome de 311 à 314, Gelase 1er pape de 492 à 496, Monique, sainte et mère d’Augustin d’Hippone (Annaba), Augustin d’Hippone, philosophe et théologien chrétien, évêque catholique d’Hippone, et écrivain. Il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l’Église. Sa pensée et ses œuvres donneront naissance à l’augustinisme, Donat, Evêque d’Afrique, Tertullien
5/ Ecrivains :
Apulée (Les Métamorphoses ou l’Ane d’or), Marcus Manilius poète et astrologue, Fronton de Cirta maitre de l’empereur Marc Aurèle, Minucius Félix,
6/ Résistants aux invasions vandales, byzantines et musulmanes
Antalas, Kusayla et surtout Dihya, figure de la résistance berbère à l’avancée des troupes musulmanes entre 695 et 705 et qui fut nommée péjorativement Kahina par les arabes étonnés de trouver une femme à la tête d’une armée farouche. Oui, toutes ces illustres figures sont berbères et ce sont ces illustres figures qui ont façonné cette magie de la Kabylie. Oui mais, de nos jours, cette magie de la Kabylie risque de ne plus être ! Pour la bonne raison que les Kabyles eux-mêmes tendent à méconnaître leur histoire et ce comportement suicidaire profite à ceux qui veulent purement et simplement leur disparition. Leur langue est de plus en plus compromise, leur histoire de plus en plus falsifiée, leur personnalité de plus en plus détruite !
Je me rappelle à ce sujet cette historiette ô combien illustrative de la malheureuse situation actuelle de la Kabylie.
C’est un grand gaillard bien en muscles et armé en plus, qui devait traverser une rivière et faire traverser la même rivière à son mulet transportant un trésor. Un bandit avisé se tint en embuscade pour le délester de son trésor et juste au moment de traverser s’attaqua à notre géant. Ce dernier ne trouva rien d’autre pour sauver son trésor que de prendre le mulet ainsi chargé sur ses propres épaules ! Il traversa la rivière et se mit à fuir éperdument une fois sur l’autre rive ! Tant de force ainsi utilisée pour fuir alors qu’une infime partie de celle-ci aurait servi largement à décourager le malfrat. Soyons lucides, préservons cette magie de la Kabylie, nous avons largement les moyens de le faire !
Par adour abdelmadjid - Communauté : Kabylie
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Lundi 6 avril 2009



TOT CE MATIN, LA SAMBRE EST SOMBRE, EMBRUMEE, SILENCIEUSE  ET SA QUIETUDE N’EST DERANGEE QUE PAR LES PLONGEONS DES MARTINS-PECHEURS MATINAUX DANS LEUR PECHE AUDACIEUSE, GENES SEULEMENT  PAR LES BALADES VEULES DES COLS VERTS OISIFS ET PARESSEUX

LA BRUME LEVEE, LA SAMBRE REVIT. ELLE EST MIROITANTE, SCINTILLANTE, ECLAIREE PAR CE SOLEIL DU NORD DOUX ET GENEREUX. LE CIEL  EST ENFIN CLAIR ET SON  AZUR PROFOND LIBERE DESORMAIS OSE SE REPERCUTER SUR LES DOUX CLAPOTIS DES EAUX.

DES TETES BLONDES SONT  LA, AMASSEES SUR LES BERGES, AUX TERRASSES DES CAFES. TETES CURIEUSES, SYNONYMES D’ALTRUISME ET D’INTELLIGENCE,  DE MODESTIE ET D’AMOUR,  DE BEAUTE ET DE REGARDS EMPLIS DE PHILANTHROPIE.

LE « GAVROCHE », PENICHE DIRIGEE DE MAIN DE MAITRE PAR ROMAIN, 12 ANS, DECHIRE  ALORS L’EAU ET TRACE DES SILLONS SOUS L’ŒIL AVENTURIER DES PASSAGERS DE SA CROISIERE QUI ASPIRENT  A DECELER AU DETOUR D’UNE ECLUSE, QUELQUE SECRET CACHE.

JE REMERCIE LA CREATION DE  M’AVOIR PERMIS DE VIVRE CELA.

ABDELMADJID  ADOUR

ABBAYE  D’AULNE LE  6/AVRIL/2009


Par adour abdelmadjid
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Lundi 16 mars 2009
JE SUIS EN VOYAGE ET C'EST TOUT LE BIEN QUE JE

VOUS SOUHAITE A TOUTES ET A TOUS

                                                                                    
 A BIENTOT

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