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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 16:12

Si l’on se réfère aux volontés d’Alfred Nobel, le prix Nobel doit être attribué à « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».

Le comité Nobel norvégien doit considérer que la centrale syndicale tunisienne UGTT répond à cette définition, puisqu’elle a retenu sa candidature pour le prix Nobel de la paix qui aura lieu le 10 octobre 2014.

L’UGTT dont le siège est à Tunis, a été fondée en 1946 par Farhat Hached. Elle est la principale centrale syndicale de Tunisie et compte 750 000 adhérents.

En 2010, dans un contexte de profondes inégalités sociales et régionales, alors que règnent la corruption et le népotisme, l’acte de désespoir d’un petit vendeur de fruits et légumes ambulant Mohamed Bouazizi va déchaîner la rage populaire.

Pendant quatre semaines, de décembre 2010 à janvier 2011, le peuple tunisien manifestera son indignation contre le pouvoir en place. Cette révolution que les tunisiens ont baptisée « la Révolution de la dignité » aboutira au départ du dictateur tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 1987.

Après avoir balayé le pouvoir en place, une assemblée constituante composée principalement par les membres du parti islamiste Ennahda, fût élue afin de promulguer une nouvelle constitution.

S’engage alors un combat pour la laïcité, contre l’endoctrinement religieux que l’Ennahda met en œuvre dès les premières sessions de la nouvelle assemblée.

A cette attitude peu démocratique, s’ajoute une détérioration des conditions de vie du peuple tunisien, ainsi qu’une augmentation du chômage, de l’inflation et de la dette publique.

La nouvelle constitution est en cours d’élaboration, mais la baisse de la popularité de l’assemblée constituante entraîne le rejet des premières propositions du texte de loi. Le pays replonge dans une situation de crise et la division du pays laisse craindre l’explosion d’une guerre civile.

Le double assassinat d’un des dirigeants du Front populaire de gauche, Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi, chef de file du parti Mouvement du peuple et député au parlement provisoire tunisien provoquera un mouvement de rage populaire.

C’est dans ce climat d’extrêmes tensions que l’UGTT tentera d’établir, en 2012, un dialogue national, mais elle sera empêchée par le refus du pouvoir islamiste. S’en suivra deux autres tentatives de conciliation qui aboutirent finalement, en octobre 2013, après 70 jours et nuits de longues et dures tractations.

La persévérance et la conviction que c’est dans le dialogue que se trouve la clef de tous les problèmes, a permis à l’UGTT d’étouffer une situation grave qui aurait pu faire encore de nombreuses victimes.

La Tunisie sort la tête haute de cette épreuve, elle devra à présent panser ses plaies et reprendre confiance.

Grâce à l’UGTT, à l’issue de ces négociations, une feuille de route et un processus de dialogue national ont vu le jour.

La jeunesse tunisienne, déjà affaiblie avant la révolution, a été particulièrement touchée par la précarité avec un taux de chômage de 30% et à l'heure actuelle au sein d'un pays encore divisé ces jeunes tentent de trouver leur place, un emploi et de se construire un futur. Des dispositifs tels que le site en ligne Tayara proposent des opportunités d’emploi à ces jeunes qui devront à leur tour faire preuve de persévérance pour retrouver leur dignité et redonner à la Tunisie un avenir prometteur.

C’est donc une victoire de la démocratie et de la paix sur la violence et la dictature. C’est une victoire du dialogue sur les armes A la différence des autres pays du « Printemps arabe », la Tunisie a su tirer des leçons du passé.

L’UGTT a démontré à quel point, il est important de lutter de manière pacifique pour la liberté d’expression, pour l’égalité et la paix.

L’organisation syndicale réunit donc tous les critères nécessaires à l’obtention du prix Nobel. La prise en compte de sa candidature est déjà une victoire en soi. Reste à attendre l’issue de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix qui aura lieu en Suède à Oslo le 10 décembre, jour anniversaire de la mort du Norvégien Alfred Nobel (1833-1896). Parmi les personnalités nommées, les bruits courent que les candidatures de Vladimir Poutine et du Pape François auraient été proposées.

Alors, on prend les paris pour L’UGTT ?

SUSANNA

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Abdelmadjid Adour
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