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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 09:40
AMAZIGHS, MALEDICTION ?

Dans le cadre des reformes éducatives en France, la ministre de l’éducation nationale déclare instaurer à compter de la prochaine rentrée scolaire, l’enseignement de l’arabe dès le cours préparatoire

J’en parle ici pour deux raisons :

1/ Madame la ministre est d’origine Amazighe du Rif et parle couramment la langue Tamazight qu’elle se doit, selon mes propres convictions, de défendre bec et ongles et d’aider à s’épanouir.

2/ En France, on parle d’une communauté Amazigh entre Rifains et Kabyles de plus de quatre millions d’individus, il serait donc tout à fait légitime pour les enfants de cette grande communauté d’apprendre leur langue maternelle dès le CP, alors qu’en face on parle de cinquante mille personnes seulement qui parlent arabe.

L’enseignement de l’arabe, - est-ce prémédité ?-, contribuera dès lors à l’arabisation forcée et à la dépersonnalisation des enfants Amazighs même majoritaires parmi la communauté Nord-Africaine dans une France que tout le monde sait arabophile.

Encore une fois, nous ne dérogeons pas à la règle, nous ne dérogeons pas à la malédiction qui frappe tous les Imazighens et qui les fait se mettre paradoxalement au service des autres au détriment de leur propre intérêt.

Car, malheureusement, tous les grands de ce monde issus de l’amazighité, au lieu de contribuer à l’épanouissement de la langue amazigh, leur langue maternelle, l’ont au contraire occultée causant involontairement sa régression fatale. (je remets ici mon article de janvier 2015 au goût du jour)

Parmi ceux-là, citons en premier, le grand Massinisa qui fit donner à ses fils une éducation grecque. Micipsa, Hiempsal, Juba II ne furent pas en reste et firent du grec leur culture de prédilection.

Par la suite, citons Saint Augustin dont on dit (Encyclopédie Wikipédia que je cite): « Il est le penseur le plus influent du monde occidental jusqu'à Thomas d’Aquin qui donne un tour plus aristotélicien au christianisme. Malgré tout, sa pensée conserve une grande influence au XVIIe siècle, où elle est l'une des sources de la littérature classique française et inspire les théodicées de Malebranche et de Leibniz ».

St Augustin a écrit une œuvre considérable tant en quantité qu’en qualité. Il faut citer en particulier « Les Confessions » « La cité de Dieu » et « De la Trinité » et j’ose un instant imaginer que ces illustres écrits le soient en sa langue maternelle c'est-à-dire Tamazight » (St Augustin, d’origine berbère, est né le 13 novembre en Numidie Taghast Souk-Ahras actuellement)

Ainsi, autant St augustin fut un maitre de la langue et de la culture latine, autant il n’a jamais comme les premiers cités, aidé à l’épanouissement de sa propre langue amazigh.

Apulée (en berbère Afulay) fut lui aussi grand écrivain ; orateur et philosophe né en 123 à Madaure (M’daourouch) connu pour son œuvre poétique et philosophique dont son roman en latin « Métamorphoses » ou « L’Âne d’or » de renommée mondiale qui a fasciné les lecteurs depuis des lustres et qui a fourni des thèmes à des centaines d’écrivains, poètes, peintres, sculpteurs et autres. Imaginons un seul instant qu’Afulay se soit mis un jour à mettre en valeur sa langue maternelle et à n’écrire ne serait-ce qu’une partie de son œuvre en tamazight….

Parmi les grands personnages berbères qui mirent leurs capacités autant guerrières que culturelles et éducatrices au service d’autres civilisations citons quelques uns:

- Tariq ibn Ziad qui a conquis la péninsule Ibérique à la tête de dix mille berbères au profit des monarchies orientales qui s’installèrent et y pratiquèrent à souhait orgies et danse du ventre jusqu’à leur éviction de l’Espagne actuelle.

- Al Mansour, considéré comme le véritable fondateur du Califat Abbasside

- Bologhine Ibn Ziri fondateur de la dynastie Ziride construisit la ville d’Alger sous le nom berbère de Mozgharéna qui, en fait, s’appelait « timeghra nagh » traduit du berbère par

« Notre Capitale»

-Abbas Ibn Firmas, poète et astrologue considéré comme le précurseur de l’aéronautique.

Et encore tous ces écrivains d’expression arabe ou française tels que Moufdi Zakaria (œuvre en arabe), Mouloud Feraoun (d’expression française), Mouloud Kassim Nait Belkacem, Eric Zemmour, et tous ces chanteurs d’origine berbère qui portent haut l’étendard d’autres langues telles que l’arabe (El-Anka, musique chaabi) et j’en passe et des meilleures !

Tout le monde peut observer cet étrange mais réel état de fait : lorsque dix Berbères se réunissent à discuter entre eux en tamazight et qu’une onzième personne Arabe par exemple (ou même Chinoise ou Vietnamienne) se joint au groupe, c’est automatiquement les dix qui se mettent fatalement à parler dans la langue arabe du seul nouveau venu comme pour lui plaire et qui mettent de côté tout à coup leur langue maternelle en donnant l’impression parfois qu’ils ont honte de diulguer. (Comportement identique chez les Français devant les anglicismes)

Le jour ou nous Amazighs ne serons plus si philanthropes ou, en fin de compte, si présomptueux et si hardis au service des autres, ce jour-là nous pourrions prétendre voir notre langue s’imposer au moins chez nous sans l’appel du rapporteur spécial des Nations Unies à renforcer la place de Tamazight au sein de l’enseignement en son fief et ailleurs

Une malédiction ?

A quand donc la fin de cette malédiction ?

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Abdelmadjid Adour
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