Partager l'article ! ISABELLE EBERHARDT,UNE HARRAGA ?: ISABELLE EBERHARDT : UNE HARRAGA ? Le général Lyau ...
BIENVENUE
VISITEZ LE SITE DES ÉDITIONS SM
http://vitrine.entrepotnumerique.com/editeurs/221-les-editions-sm/publications
OU BIEN
www.sagamie.org/sm
ISABELLE EBERHARDT : UNE HARRAGA ?
Le général Lyautey a dit d’elle je le cite: « elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver
quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace, quel
régal ! »
Et moi aussi , fasciné par son parcours, leçon de vie, atypique, exceptionnel, par sa personnalité immense, je pense qu’elle est à aimer et à respecter pour son prodigieux tempérament, son courage et sa farouche volonté de parvenir à réaliser son noble vœu de vivre loin de ceux qu’elle a décidé de haïr, de rejeter pour lui avoir mené la vie dure dès son plus jeune âge, dès sa naissance même !
C’est une femme de celle qu’on appelle ici : aicha-radjel. C’est une femme avec un grand « F » !
ISABELLE EBERHARDT (1877-1904) est suisse d’origine russe, française de nationalité par son mariage. Elle est née de mère
russe exilée et de père inconnu et vient s’installer en Algérie (Bône d’abord en 1897).
Elle décide de vivre comme une musulmane et s'habille en homme bédouin. Après la mort de sa mère, elle vit plusieurs mois en nomade et
rencontre Slimane Ehnni, indigène algérien français (à l’époque il n’y avait pas à avoir de carte de séjour) et sous-officier de spahi. Elle l'épouse en 1901 (après avoir été
contrainte de quitter l'Algérie par les autorités coloniales en 1900), et obtient ainsi la nationalité française. Son mariage lui permet de revenir en Algérie, où elle collabore au journal
Akhbar.
Elle est envoyée à Ain-Sefra comme reporter de guerre pendant les troubles près de la frontière marocaine.
En novembre 1903, à Béni Ounif, elle fait la connaissance du général Lyautey qui apprécie sa compréhension de l'Afrique et son sens de la liberté. Le 21 octobre 1904, à Ain-Sefra, l'oued se transforme en torrent furieux et la ville basse, où elle résidait seulement depuis la veille, est en partie submergée. Slimane est retrouvé vivant, mais Isabelle, affaiblie par le paludisme, n'avait pas pu fuir.
Ses récits ont été publiés après sa mort et présentent la réalité quotidienne de la société algérienne au temps de la colonisation
française.
Ses carnets de voyage et ses journaliers rassemblent ses impressions de voyage nomade dans le Sahara.
« Moi, à qui le paisible bonheur dans une ville d’Europe ne suffira jamais, j’ai conçu le projet hardi, pour moi réalisable, de m’établir au désert et d’y chercher à la fois la paix et les aventures, choses conciliables avec mon étrange nature»
«Nomade j’étais, quand toute petite je rêvais en regardant les routes, nomade je resterais toute ma vie, amoureuse des horizons changeants, des lointains encore inexplorés.»I
«… Peu importeraient la misère, réelle maintenant, et la vie cloîtrée parmi les femmes arabes… Bénie serait même la dépendance absolue où je me trouve désormais vis-à-vis de Slimane - qu'elle appelle Rouh' – (mon âme)… Mais ce qui me torture et me rend la vie à peine supportable, c'est la séparation d'avec lui et l'amère tristesse de ne pouvoir le voir que rarement, quelques instants furtifs... ».
Isabelle Eberhardt - "Lettres et journaliers".
En fait, ISABELLE EBERHARD voulait changer sa façon de vivre, elle voulait fuir les monstres qui ont entouré sa jeunesse et son éducation, ses parents même, les voisins et tous les autres qu’elle taxe dans son for intérieur de possibles malfaiteurs, d’ignobles scélérats bien qu’inconnus, anonymes.
Son père lui-même n’a pas voulu la reconnaître comme sa fille car née à une période d’absence de ce dernier du foyer familial ; c’est dire que la suspicion et les calculs bas régnaient autour d’elle déjà à sa naissance !
Ses trois autres demi-frères sont nés d’une relation libertaire de sa mère qui a pris à son premier mari et sa dignité et sa fortune pour la mettre à disposition de son amant qui allait devenir son compagnon, le gestionnaire des biens qui lui sont ainsi tombés du ciel et le père d’Isabelle.
En décidant d’aller vivre dans le désert elle a surtout aspiré à aller à la rencontre de la salubrité morale, de la sagesse, de l’éthique dans les relations sociales, elle a pensé donner rendez-vous à la béatitude, au bonheur !
Est-elle parvenue à cela en vivant sept années de rebondissements, de mauvais coups d’attentats contre sa propre personne (attentat d’El Oued, Behima ), de maladie( paludisme), de rejet de la part des autorités françaises qui la considéraient comme une espionne au service de la reine d’Angleterre, de la suspicion et de la méfiance des indigènes qui voyaient en elle un agent des services français…
....
2008. A présent les aspirations qui étaient celle d’Isabelle EBERHARDT ont changé de camp et ce sont de jeunes demoiselles d’ici qui mettent en avant leur courage et leur innocence pour faire le chemin inverse bravant les dangers d’une chaloupe traversant la Méditerranée et mettant leurs charmes au service de proxénètes ou souteneurs avérés dans les grandes villes d’Europe et en faisant ainsi le trottoir.
Le mois dernier, à Marseille (Cannebière), j’ai vu une belle jeune algéroise, la tête ensanglantée, entre les bras de deux policières françaises qui l’ont sauvée in extrémis d’un massacre certain à la barre de fer, pour peut-être avoir refusé de « travailler » plus que de raison !
Le même mois, dans la même ville, une autre « brunette » s’est vue proposer la somme de 900 euros pour une passe. A peine arrivée du bled, elle pensait avoir gagné le gros lot. Violée puis labourée de coups de couteau, la villa dans laquelle elle s'est fait conduire s'est avéré etre sa tombe !
Et d’autres encore, tentent tous les jours de rejoindre l’eldorado d’en face : des « harragas » au féminin.
Isabelle EBERHARDT, reviens, s’il te plait, faire comprendre à ces jeunes filles, ce que femme veut
dire !
ADOUR ABDELMADJID