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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 16:02
MENACES...., autre nouvelle à lire

Tu savais que devenir écrivain serait la plus dangereuse et risquée entreprise car tu pourrais être tenté d'oser sortir du rang. Tu n’aurais jamais entrepris d’aligner des mots si ce n'était pour, disais-tu, au moins avoir la conscience tranquille en ayant dénoncé ce qui devait l’être.

Tu disais qu’après tout en faisant bien attention à ce que l’on écrit, en expliquant certaines situations par des métaphores innocentes, en ne citant jamais le nom de ceci ou de cela tu parviendrais bien à faire passer le message sans coup férir.

Et pourtant !

Te voilà menacé du pire !

D’abord ce fut des coups de fil anonymes, toujours à la même heure, le soir vers huit heures et au bout du fil on te faisait entendre des coups de feu, des bombes en déflagration, des cris et des sons tout aussi guerriers et désolants.

Tu devais deviner, c’était très simple : on passait un film de guerre à la télé, on approchait le téléphone portable du téléviseur et on te faisait écouter le malheur qui s’y déroulait. C’était un message qui t’était ouvertement destiné, fallait-il te faire un dessin pour que tu comprennes ?

Personne ne disait rien au bout du fil et une fois que la communication bruyante est coupée, tu essaies en vain d’appeler à ton tour le numéro que tu ne pouvais jamais joindre et tu ne comprenais pas pourquoi.

Les appels devenaient récurrents et à chaque fois tu reconnaissais le manège et tu fermais ton téléphone pour ne rien entendre.

Mais voilà que les choses sérieuses commencent. Ce jour-là tu dégustais (quel joli mot) la paix du matin, attablé tout seul à la terrasse d’un café lorsqu’un gros camion semi-remorque s’arrêta juste en face de toi, sur le trottoir opposé et en descendit un jeune chauffeur, la mine renfrognée se dirigeant vers toi, agité, provocateur.

-Bonjour jeune homme, lui dis-tu en guise d’accueil, il y a tellement de véhicules sur la route qu’il devient de plus en plus difficile de circuler sans risque….

-C’est toi XX ? te lança-t-il en guise de réponse

Le jeune chauffeur, un imberbe d’une trentaine d’années, sans aucun signe ostentatoire religieux, te paraissait ne jamais avoir de rapprochement avec les appels téléphoniques qui t’on gâché la vie ces derniers temps et pourtant c’était bien le cas.

-Oui c’est bien moi XX, quoi que, il y a un deuxième bonhomme du même nom, je vous dis cela pour éviter une erreur possible…… lui répondis-tu

-Non, il ne peut pas y avoir d’erreur, tu écris des livres, non ?

-Oui j’écris…

-Alors, attends-toi à payer cher…

-Quoi ? Mais qu’est-ce que vous racontez ? Je ne vous connais ni d’Adam ni d’Eve, dans mes écrits je fais très attention à ne blesser personne, je ne cite jamais de nom propre, je ne fais que développer des idées de société…..

Le chauffeur qui se tenait depuis le début sur ses gardes, comme se tiendrait un rapace surveillant sa proie, se retira aussi promptement qu’il était venu te laissant à ton désarroi.

C’était clair, cet éclaireur voulait seulement te localiser et savoir sans risque de se tromper qui tu étais.

C’est alors que commence ton tourment..

Tu avais des problèmes de colon paresseux qui te causait des constipations récurrentes mais voilà que ce jour-là, l'embarras a disparu comme par enchantement, sans médicaments, c’était la peur qui faisait travailler tes tripes. Il n’y a pas de honte à le dire, tu es un être humain et tous les êtres humains sont sujets à ce genre de conséquence de l’anxiété, de l’appréhension, de l’effroi.

Tu as beau te dire que tu n'as eu affaire qu'à un plaisantin mais voilà que tu fais la connaissance de nuits cauchemardesques qui te font crier en plein sommeil, vivant des situations horribles qui te poussent à te réveiller en sueur, le cœur battant à mille tours/minute.

Dans la journée, tu prends tes précautions et tu fais attention à ne pas aller n’importe où, par exemple au souk, là ou il y a foule, là où justement c’est le plus risqué.

Tu déclines les invitations de tes amis à qui tu n’as rien dit de tes déboires, pour des soirées ou des sorties

Tu imagines toutes les catastrophes possibles, tu vois du sang partout, tu as peur.

Tu ne sais pas comment va se terminer cette histoire, tu attends……

Quel calvaire, quelle vie !

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Abdelmadjid Adour
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